Ce carnet commence à déborder. Entre les tisanes, les gélules et les flacons d'huile essentielle alignés sur l'étagère au-dessus de mon évier, je me suis rendu compte cette semaine de juillet que je ne savais plus très bien, pour telle ou telle plante, ce qui venait d'une lecture sérieuse, ce qu'on m'avait dit en pharmacie, et ce que j'avais simplement imaginé à force d'en entendre parler. Alors j'ai fait ce que je fais quand un sujet devient trop flou dans ma tête : je me suis assise avec mon carnet, un thé qui refroidissait à côté de moi, et j'ai repris chaque plante une par une pour noter, sans enjoliver, ce que disent les sources sérieuses — pas ce qu'en dit l'étiquette d'un complément. Ce n'est pas un guide de traitement, juste le pense-bête que j'aurais aimé avoir il y a un an.
Glossaire des plantes courantes en naturopathie
| Nom commun (Botanique) | Famille | Principaux constituants actifs | Propriétés et usages documentés |
|---|---|---|---|
| Ashwagandha (Withania somnifera) | Solanaceae | Withanolides (un extrait normalisé à 2,5 % de withanolides a été utilisé dans un essai clinique randomisé [1]), alcaloïdes. | Plante adaptogène traditionnellement utilisée en médecine ayurvédique pour la gestion du stress [2]. Un essai contrôlé contre placebo avec un extrait à 2,5 % de withanolides a montré une réduction du cortisol salivaire matinal et une amélioration des scores de stress perçu et d'anxiété [1]. |
| Chardon-Marie (Silybum marianum) | Asteraceae | Silymarine, mélange de flavonolignanes considéré comme le principal constituant actif de l'extrait [3]. | Traditionnellement utilisée pour soutenir la fonction hépatique et soulager les sensations de lourdeur digestive. L'Agence européenne des médicaments fonde cette reconnaissance sur un usage traditionnel de longue date : les essais cliniques disponibles restent insuffisants pour conclure formellement [4]. |
| Curcuma (Curcuma longa) | Zingiberaceae | Curcuminoïdes (dont la curcumine, qui donne sa couleur jaune au rhizome), huiles essentielles [5]. | Traditionnellement utilisé pour soulager les troubles digestifs légers (sensation de lourdeur, digestion lente, ballonnements). L'Agence européenne des médicaments fonde cet usage sur l'usage traditionnel : les essais cliniques disponibles n'ont pas permis de conclusions fermes sur d'éventuels effets anti-inflammatoires [6]. |
| Échinacée (Echinacea purpurea) | Asteraceae | Alkylamides, composés phénoliques, polysaccharides. | Utilisée par voie orale, à court terme, pour la prévention et le traitement du rhume. L'Agence européenne des médicaments reconnaît un usage bien établi pour cette indication, sur la base d'essais cliniques comparatifs [7]. |
| Ginkgo Biloba (Ginkgo biloba) | Ginkgoaceae | Flavonoïdes (24 %) et lactones terpéniques (6 %, dont ginkgolides et bilobalide) dans les extraits secs standardisés type EGb 761 [8]. | L'extrait sec standardisé est reconnu par l'Agence européenne des médicaments pour améliorer les troubles cognitifs légers liés à l'âge chez l'adulte présentant une démence débutante. La poudre de feuille bénéficie d'un usage traditionnel pour la sensation de jambes lourdes et de mains froides liée à des troubles circulatoires mineurs [9]. |
| Ginseng (Panax ginseng) | Araliaceae | Ginsénosides, considérés comme les principaux composés actifs [10]. | Usage traditionnel reconnu pour le traitement symptomatique de l'asthénie (fatigue et sensation de faiblesse). Les preuves cliniques restent jugées insuffisantes par l'Agence européenne des médicaments pour aller au-delà de cet usage traditionnel [11]. |
| Mélisse (Melissa officinalis) | Lamiaceae | Acide rosmarinique, huiles essentielles (citral, citronellal). | Usage traditionnel reconnu pour soulager les symptômes légers de stress, favoriser le sommeil, et apaiser les troubles digestifs mineurs comme les ballonnements et les flatulences [12]. |
| Ortie (Urtica dioica) | Urticaceae | Minéraux (silice, fer), flavonoïdes, stérols (dans la racine). | La racine est étudiée pour le confort urinaire masculin lié à l'hypertrophie bénigne de la prostate : un essai randomisé en double aveugle contre placebo (n = 620) a montré une amélioration des symptômes urinaires chez 81 % des patients sous racine d'ortie contre 16 % sous placebo [13]. |
| Passiflore (Passiflora incarnata) | Passifloraceae | Flavonoïdes (vitexine), alcaloïdes indoliques (traces). | Usage traditionnel reconnu pour soulager les symptômes légers de stress mental et favoriser le sommeil [14]. |
| Rhodiola (Rhodiola rosea) | Crassulaceae | Rosavines et salidroside (un extrait hydroalcoolique standardisé à 3 % de rosavine et 1 % de salidroside a été étudié en laboratoire [15]). | Usage traditionnel reconnu pour le soulagement temporaire des symptômes de stress tels que la fatigue et la sensation de faiblesse [16]. |
| Valériane (Valeriana officinalis) | Caprifoliaceae | Acides valéréniques, valépotriates. | L'extrait sec éthanolique est reconnu pour la tension nerveuse légère et les troubles du sommeil sur la base d'études cliniques ; la racine en poudre bénéficie d'un usage traditionnel pour les mêmes indications. La prudence est recommandée avant de conduire ou d'utiliser des machines après la prise [17]. |
Sur les onze plantes de ce glossaire, je n'en ai vraiment essayé que trois ou quatre — et je préfère le dire clairement plutôt que de laisser croire le contraire simplement parce qu'elles figurent toutes dans le même tableau.
La valériane, je l'ai achetée l'automne dernier après une période où je dormais mal, sur les conseils bienveillants d'une collègue. L'odeur, la première fois que j'ai ouvert le sachet de racine séchée, m'a presque fait reculer — un peu comme une chaussette oubliée au fond d'un sac de sport. Je m'attendais à m'endormir presque instantanément, comme le laissaient penser certains forums. Ça n'a pas été le cas : deux semaines de tisane le soir, et je n'ai rien remarqué de particulier, à part cette odeur qui s'est incrustée dans ma théière pendant des mois. Ce que j'ai lu depuis me rassure un peu : les sources sérieuses parlent d'un effet modeste sur la tension nerveuse, pas d'un somnifère.
L'ashwagandha, en revanche, je l'ai prise cet hiver en gélules, après une période de stress au bureau qui n'en finissait pas. Deux mois, le soir avec le repas. Je ne dirais pas que j'ai eu une révélation, mais mon collègue de bureau — qui n'y croyait pas du tout — a fini par remarquer que j'étais un peu moins à fleur de peau en réunion. Rien de spectaculaire, plutôt un fond sonore qui avait baissé d'un cran.
Le curcuma, je le mets simplement dans mes plats depuis des années, sans y penser comme à un traitement — une pincée dans le riz ou les lentilles, avec un peu de poivre pour qu'il soit mieux assimilé, comme me l'avait expliqué une naturopathe croisée sur un salon bio à Bordeaux il y a longtemps.
Le reste — ginkgo, ginseng, rhodiola, passiflore, mélisse, ortie, chardon-Marie, échinacée — je les connais surtout par mes lectures pour l'instant, pas par l'expérience directe. Elles restent sur ma liste, pour un autre carnet, un autre mois.
Note sur la standardisation
Une précision sur les pourcentages qui apparaissent dans le tableau ci-dessus : en phytothérapie, l'effet annoncé d'une plante dépend souvent de la concentration de ses composés actifs — c'est ce qu'on appelle la standardisation, ou le titrage. Quand un chiffre figure dans une ligne, je suis allée vérifier moi-même, source par source, qu'il apparaissait vraiment dans une étude ou un document officiel, plutôt que de recopier un pourcentage qui circulait sans que je sache d'où il venait à l'origine. Pour deux ou trois plantes de ce glossaire, je n'ai trouvé aucune source que je pouvais vérifier moi-même pour le pourcentage qu'on voit circuler ailleurs — j'ai préféré laisser la case sans chiffre plutôt que d'en inventer un qui aurait l'air sérieux.
Last verified: 2026-08-22
Une précision importante avant de refermer ce carnet : je ne suis ni médecin ni pharmacienne, seulement quelqu'un qui note ce qu'elle lit et ce qu'elle essaie. Rien sur cette page ne remplace un avis médical, et certaines de ces plantes ne sont pas anodines quand on suit un traitement. Le ginkgo, en particulier, peut augmenter le risque de saignement chez les personnes sous anticoagulants ou même sous aspirine à faible dose — c'est le genre de détail que j'aurais aimé connaître avant de le glisser distraitement dans mon panier un jour de pharmacie. Si vous suivez un traitement prescrit, si vous êtes enceinte, si vous allaitez, ou si un symptôme persiste, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant d'ajouter quoi que ce soit à votre routine — c'est ce que je fais moi-même désormais, après quelques essais menés un peu trop à la légère à mes débuts.
Sources
- PubMed — Ashwagandha root extract standardized for 2.5% withanolides, randomized controlled trial (PMID 37832082)
- PMC — Withania somnifera (Ashwagandha): a review (PMC3252722)
- NCCIH — Milk Thistle: Usefulness and Safety
- European Medicines Agency — Silybi mariani fructus (Chardon-Marie)
- NCCIH — Turmeric: Usefulness and Safety
- European Medicines Agency — Curcumae longae rhizoma (Curcuma)
- European Medicines Agency — Echinaceae purpureae herba (Échinacée)
- PubMed — EGb 761: ginkgo biloba extract composition (PMID 12757407)
- European Medicines Agency — Ginkgo folium
- NCCIH — Asian Ginseng: Usefulness and Safety
- European Medicines Agency — Ginseng radix
- European Medicines Agency — Melissae folium (Mélisse)
- PubMed — Urtica dioica for treatment of benign prostatic hyperplasia, RCT (PMID 16635963)
- European Medicines Agency — Passiflorae herba (Passiflore)
- PubMed — Rhodiola rosea L. extract, standardized 3% rosavin / 1% salidroside (PMID 17259204)
- European Medicines Agency — Rhodiolae roseae rhizoma et radix
- European Medicines Agency — Valerianae radix (Valériane)